La situation de la mégafaune d'Afrique de l'Ouest est critique, tant pour les grands mammifères carnivores que pour les grands herbivores. Le Parc national de Niokolo Koba au Sénégal (9139 km²) constitue l'un des derniers refuges pour cet emblématique groupe faunistique dans cette région oubliée du continent africain. Concernant les grands carnivores, y vit la population la plus importante du lion d'Afrique de l'Ouest, en danger critique d'extinction (Panthera leo), la dernière population connue de lycaon (Lycaon pictus) dans cette éco-région africaine, ainsi que des effectifs importants de léopard (P. pardus) et de hyène tachetée (Crocuta crocuta). Parmi les grands herbivores, on distingue probablement la dernière population mondiale d'éland de Derby (Taerotragus derbianus), l'hippotrague rouan (Hippotragus equinus) et l'hippopotame (Hippopotamus amphibius).\n\n(/images/proyectos/senegal-niokolo1.jpg)\n\nEn 2013, Harmusch a participé à l'élaboration d'un projet d'inventaire de la mégafaune, proposé pour plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest et dirigé par le professeur Claudio Sillero (Oxford University). Harmusch devait se charger du relevé du Parc national de Niokolo Koba, mais malheureusement le projet présenté n'a pas obtenu le financement nécessaire et a été reporté à de futurs appels à projets. Au moins, nous avons pu effectuer une brève visite de reconnaissance du 9 au 23 novembre 2013.\n\n(/images/proyectos/senegal-leopardo.jpg)\n\nGRANDS CARNIVORES. L'effort a été très limité et les conditions du parc étaient déplorables (fin de la saison des pluies, avec une végétation herbacée très haute et dense). Malgré ces limites, des lions ont été détectés par leurs traces en au moins deux endroits, des empreintes de léopard en deux ou trois points et celles d'un groupe d'au moins quatre lycaons ; la hyène tachetée a été observée sur la plupart des parcours. Les données recueillies ont permis de distinguer trois unités reproductrices de lions avec un minimum de 12 individus, un chiffre qui ne serait pas corroboré par les données scientifiques les plus récentes, qui estiment à 16 le nombre de lions dans tout le parc.\n\n(/images/proyectos/senegal-niokolo2.jpg)\n\nGRANDS ONGULÉS. Malgré les mauvaises conditions pour inventorier les ongulés, il n'a pas été difficile de détecter trois des quatre espèces présentes. La plus commune était l'hippotrague rouan (dans 100 % des parcours), suivie par le cobe aquatique septentrional (42,8 %) et l'éland de Derby et le buffle confirmés sur un parcours. D'autres espèces observées fréquemment étaient les cobes d'Ouganda, les espèces hiéroglyphiques, les céphalophes rouges, les oribis et les phacochères.\n\n(/images/proyectos/senegal-niokolo3.jpg)




Mots-clés
Méthodologie
- Parcours de prospection: 7 parcours en véhicule (124,2 km) + 4 parcours à pied (14,2 km)
- Entretiens avec la population locale: Consultation spécifique des gardes-parcs sur les données récentes concernant le lion
Résultats
- Carnivores détectés: Lion (min. 12 individus, 3 unités reproductrices), léopard (2-3 points), lycaon (groupe d'au moins 4), hyène tachetée (fréquente)
- Ongulés: Hippotrague rouan, cobe aquatique, éland de Derby, buffle, cobes d'Ouganda, espèces hiéroglyphiques, céphalophes rouges, oribis, phacochères
Collaborateurs
- Université d'Oxford (Prof. Claudio Sillero)
- Parc national de Niokolo Koba
- Campement Hôtel Wassadou



